OPE, Orthophonie Prévention Ecrans
OPE, Orthophonie Prévention Ecrans, est un collectif d'orthophonistes sensibilisées et mobilisées dans les actions de prévention dans l'utilisation des écrans de toutes sortes auprès des enfants jeunes et moins jeunes. Nous nous proposons de véhiculer des informations sur ce que sont les écrans, ce qu'ils peuvent apporter et en quoi il est nécessaire de les utiliser avec raison dans les foyers. Nous pouvons intervenir auprès des familles, des écoles, des professionnels du soin et de la petite enfance. Nos connaissances s'appuient sur nos formations, nos lectures des recherches dans ce domaine et notre pratique quotidienne auprès du public.

Orthophonie et prévention:

Les orthophonistes sont des professionnels de santé. Ils relèvent du code de la santé publique, ce sont des auxiliaires médicaux. Le terme d’auxiliaire médical est employé pour les professions non médicales, travaillant sur prescription médicale.

Notre mission c'est le soin et aussi la prévention, "mieux vaut prévenir que guérir" ! et c'est là qu'intervient OPE!

Depuis une dizaine d'années les demandes d'orthophonie se sont massivement intensifiées, ainsi que la gravité des troubles et leur transversalité c'est à dire que les troubles concernent tous les aspects du développement de l'enfant. Nos patients sont de plus en plus jeunes. Le contexte environnemental des écrans en est une cause importante. Les études scientifiques qui le montrent et le prouvent existent et se multiplient, elles viennent valider nos observations de terrain. 

Les familles ne sont pas assez informées! La seule information "officielle" figure dans le carnet de santé, depuis 2018 seulement. 

Il est devenu urgent d'informer les familles sur les risques liés à une consommation importante d'écrans chez les tout petits. 

Nous savons que prévenir des risques ne suffit pas, le public a besoin de comprendre pourquoi ces objets ne sont pas recommandés pour les enfants. 

La surexposition aux écrans est devenue un enjeu de santé publique!

Il est devenu urgent que les acteurs du soins et de l'enfance aient les informations et les mots justes pour en parler sans culpabiliser le public, sans mettre à mal la relation de confiance.



Contactez nous :

Pour adhérer, pour nous questionner, ou pour toute autre demande

A votre demande nous vous enverrons régulièrement des informations, des outils, des pistes de réflexion.

Les formations sont également possibles, adaptées à votre demande et à votre public.

L'émergence du langage :

Le langage existe déjà dans les premiers échanges de regards entre bébé et ses proches. Le cerveau du bébé est "cablé" pour ces échanges humains, il a besoin de lire les mimiques de ses parents et prend appui dessus pour les imiter. 

Bébé pourra ensuite émettre ses premières vocalises, qui, imitées par son parent, seront infiniment reproduites et formeront déjà ses premiers dialogues. Il n'y a pas de mots mais la communication est bien là, on échange déjà ensemble! 

Ce plaisir de l'échange et la curiosité naturelle de bébé vont le rendre explorateur et désireux de partager ses découvertes. Dès lors le besoin de parler sera impérieux pour lui!

La présence du parent est essentielle pour que bébé partage, que ses premiers mots soient compris et repris pas son interlocuteur.  

Parler ça ne s'apprend pas, ça se construit, ça se mûrit lentement, avec soin, au fil des expériences de la vie. Pour parler il faut de l'humain!

Donc, les professionnels de santé recommandent "pas d'écran avant 3 ans" : les écrans parasitent les échanges entre bébé et parents, diminuent l'attention et la disponibilité du parent, freinent les acquisitions du bébé en impactant ses capacités d'attention et sa curiosité naturelle. 


quels sont les risques possibles?

Les risques sont variés selon le temps de consommation, les types de contenus, les types d'écrans, les âges d'exposition, ils concernent aussi et SURTOUT des enfants dont les parents consomment eux même beaucoup les écrans... 
Sur le terrain  on constate : 
- des troubles de l'attention (l'attention se construit au tout début de l'existence) notamment par les premiers échanges de regards.
- des retard de langage avec pauvreté du vocabulaire, difficulté à formuler des phrases suffisamment riches, ou difficultés articulatoires par déficit du regard. 
- des troubles de l'alimentation, troubles d'oralité par manque de stimulations sensorielles en amont des repas. 
- des troubles de la compréhension (on nous relate très souvent des "difficultés à comprendre les consignes")
- une pauvreté dans les manipulations et dans les jeux pendant la petite enfance, se traduisant pas un retard dans le développement de la logique, du raisonnement avec à plus long terme des difficultés "en mathématiques".
- des troubles du langage écrit ou un retard d'entrée dans le langage écrit. 
- des troubles dans la relation et dans la communication, des enfants "dans leur bulle". 
- sur le plan psychologique, on pourra aussi constater une difficulté à surmonter l'effort ou l'échec, une pensée en immédiateté avec difficulté à gérer la frustration et l'attente, des difficultés à gérer les émotions. 
Ces constats longtemps restés empiriques et cliniques, dans nos cabinets, sont aujourd'hui largement expliqués et démontrés par la littérature et les études (notamment par Michel DESMURGET, docteur en neurosciences et Sabine DUFLO, psychologue et thérapeute familiale, fondatrice de CoSe).


Comment agir concrètement?

Alors que faire?

- s'informer, ne pas céder aux idées reçues, considérer que la surexposition aux écrans est un enjeu de santé publique. Aller chercher les informations, ne pas confondre avis et connaissance

- poser des règles en famille : exemple des 4 pas de Sabine Duflo, la rédaction de contrats pour enfants ET adultes peut être un outil intéressant. A chaque famille de trouver la règle qui lui correspond le mieux.

- ne pas laisser un jeune enfant SEUL devant l'écran  

- trouver des alternatives, des occupations ENSEMBLE dans le foyer, pour faire oublier les écrans pendant un temps  

- nous contacter pour chercher ensemble des solutions                           



Bibliographie

Amadieu et Tricot, « apprendre avec le numérique, mythes et réalités »

Casati Roberto « Contre le colonialisme numérique: Manifeste pour continuer à lire »

Collectif Spirale « les bébés et les écrans »

Cymès Michel, « votre cerveau »

Desmurget Michel « TV lobotomie », "La fabrique du crétin digital"

Dieu-Osika Sylvie « Les écrans: Mode d’emploi pour une utilisation raisonnée en famille »

Duflo Sabine « Quand les écrans deviennent neurotoxiques: Protégeons le cerveau de nos enfants ! »

Filliozat Isabelle « on ne se comprend plus »

Lurçat Liliane « La manipulation des enfants par la télévision et par l'ordinateur »

Mauvilly Karine, "cyberminimalisme", "le désastre de l'école numérique"

Naccache Lionel, « parlez-vous cerveau ? »

Pasquinelli Elena « comment utiliser les écrans en famille, petit guide à l’usage des parents 2.0 »

SIVEL Léa, mémoire d’orthophonie : « La prévention primaire en orthophonie : Elaboration d’un dispositif original sur les risques des écrans à destination de parents de jeunes enfants et de professionnels de la petite enfance »

Pour en savoir plus sur l'orthophonie : 

En 2016, la définition de l’orthophonie a été actualisée dans le Code de la santé publique (titre IV, article L 4341-1) :

La pratique de l’orthophonie comporte la promotion de la santé, la prévention, le bilan orthophonique et le traitement des troubles de la communication, du langage dans toutes ses dimensions, de la cognition mathématique, de la parole, de la voix et des fonctions oro-myo-faciales. L’orthophoniste dispense des soins à des patients de tous âges présentant des troubles congénitaux, développementaux ou acquis. Il contribue notamment au développement et au maintien de l’autonomie, à la qualité de vie du patient ainsi qu’au rétablissement de son rapport confiant à la langue. L’exercice professionnel de l’orthophoniste nécessite la maîtrise de la langue dans toutes ses composantes. L’orthophoniste pratique son art sur prescription médicale. En cas d’urgence et en l’absence d’un médecin, l’orthophoniste est habilité à accomplir les soins nécessaires en orthophonie en dehors d’une prescription médicale. Un compte rendu du bilan et des actes accomplis dans ces conditions est remis au médecin dès son intervention. Sauf indication contraire du médecin, il peut prescrire ou renouveler la prescription de certains dispositifs médicaux dont la liste est limitativement fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale pris après avis de l’Académie nationale de médecine. L’orthophoniste exerce en toute indépendance et pleine responsabilité, conformément aux règles professionnelles prévues [...]. Il établit en autonomie son diagnostic et décide des soins orthophoniques à mettre en œuvre. Dans le cadre des troubles congénitaux, développementaux ou acquis, l’orthophoniste met en œuvre les techniques et les savoir-faire les plus adaptés à l’évaluation et au traitement orthophonique du patient et participe à leur coordination. Il peut également concourir à la formation initiale et continue ainsi qu’à la recherche. La définition des actes d’orthophonie est précisée par un décret en Conseil d’État pris après avis de l’Académie nationale de médecine.

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Le collectif OPE (Orthophonie Prévention Ecrans) est fondé par des orthophonistes engagées dans les actions de prévention contre une "surexposition" aux écrans et dans l'accompagnement des familles pour réguler l'usage des écrans. 
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